Les expositions des risques cumulées au travail

Travail de nuit, exposition à des agents biologiques ou à des substances chimiques, manque de moyens, tensions… Au cours de leur carrière, les salariés peuvent être exposés simultanément à plusieurs contraintes susceptibles d’affecter leur santé à court ou à long terme. Une étude menée par l’Anses, Santé publique France et la Dares, parue ce mardi 23 novembre, montre que tous les salariés sont concernés quel que soit leur métier ou leur secteur d’activité, et décrit des profils types de cumul d’expositions.

Un bilan inquiétant. Pour mieux décrire la réalité des situations polyexpositions des salariés en France et connaître les filières professionnelles particulièrement concernées, une étude a été menée conjointement par l’Anses, Santé publique France et la Dares sur la base des résultats de l’enquête Sumer 2016-2017. Réalisée dans le cadre du troisième Plan santé au travail 2016-2020 (PST 3), cette étude fait suite à un état des lieux des principales actions conduites sur la polyexposition, en France comme à l’étranger, publié en 2018. Ce travail révèle que la quasi-totalité (97 %) des 25 millions de salariés des secteurs publics et privés sont polyexposés, c’est-à-dire exposés à au moins deux contraintes de même catégorie ou non au cours de leur carrière professionnelle. Ces risques professionnels peuvent se classer en 5 catégories :

  • chimiques : substances potentiellement dangereuses ;
  • biologiques : bactéries, virus ou moisissures ;
  • physiques : nuisances sonores, contraintes posturales ou thermiques, exposition aux rayonnements ;
  • organisationnelles : horaires de travail, manque de moyens matériels et/ou humains, intensité et rythme de travail, faible autonomie, etc. ;
  • relationnelles : forte pression, faible reconnaissance au travail, hostilité des collègues ou de la hiérarchie, tensions, etc.

Une douzaine de profils identifiés

Une analyse statistique a permis de regrouper les salariés selon 12 profils décrivant les situations d’expositions cumulées les plus courantes. Certains profils peuvent être associés à un ou plusieurs domaines professionnels spécifiques, comme par exemple les professionnels de santé, ceux de l’agriculture, de la marine et de la pêche. D’autres décrivent une situation de polyexposition commune à plusieurs secteurs d’activités. C’est le cas notamment des salariés exerçant des activités de bureau, dans des domaines aussi variés que l’administration publique, l’enseignement ou les banques et assurances. Si les contraintes chimiques, biologiques et physiques sont propres à certains secteurs d’activités, les contraintes organisationnelles et relationnelles, elles, concernent tous les travailleurs. Souvent moins documentées, elles sont inhérentes à toute activité salariée.

Cette approche globale par profils de polyexposition offre un meilleur éclairage sur les expositions multiples, afin d’en permettre une meilleure prise en compte. Elle fournit une base de réflexion afin de ne plus penser les contraintes subies par les salariés de manière isolée mais dans leur ensemble. Ceci dans le but de ne pas accentuer les risques professionnels associés et de mettre en place les mesures de prévention appropriées.

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