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Un rapport appelle à revoir la prévention santé y compris au travail

Dans un contexte de dégradation de l’état de santé de la population, le député Cyrille Isaac-Sibille, appelle à concentrer les efforts sur la prévention. Son récent rapport plaide pour une meilleure coordination entre les acteurs concernés, incluant le champ de la santé au travail.

Notre système de santé fait fausse route : son efficacité et son équilibre financier se trouvent aujourd’hui menacés. Tel est le constat que dresse le député Cyrille Isaac-Sibille (Rhône, Les démocrates) dans un rapport qu’il a rendu au premier ministre avant l’été. Son constat paraît limpide : notre système de santé coûte de plus en plus cher et il n’empêche pas un accroissement des inégalités.

Des failles structurelles

Notre système de protection sociale, issu de la Libération, rencontre aujourd’hui deux limites qui appellent des réformes. D’une part, il privilégie le soin à la prévention. Nous sommes plutôt bien soignés or il faudrait davantage se soucier de ne pas tomber malade, ce qui n’est pas uniquement l’affaire du corps médical. « Seuls 20% de notre santé relève du soin. 80 % dépend des déterminants sociaux, économiques, environnementaux et comportementaux », souligne le député. Deuxième faiblesse de notre système de santé : il aborde la prévention en silos. Enfants dans le cadre scolaire, femmes enceintes, travailleurs… à chaque type de population correspond un cadre de prévention. De surcroît, les moyens disponibles se réduisent et la prévention apparaît comme le parent pauvre des politiques de santé.

Promouvoir la prévention primordiale

Pour redonner de l’élan à notre système sanitaire, l’élu prône une logique de « prévention primordiale ». Elle doit, « Non seulement empêcher l’apparition des maladies en réduisant les facteurs de risque, mais prévenir l’émergence même de ces facteurs de risque en transformant les environnements physiques, sociaux, économiques et institutionnels. Par conséquent, elle implique une nouvelle approche notamment de la médecine du travail « pour faire des lieux de vie des lieux de prévention. » Ce qui implique de « reconnaître le travail comme un déterminant de santé. »

Agir au-delà des AT/MP

Par ailleurs, Cyrille Isaac-Sibille dresse un constat déjà connu : celui du manque croissant de médecins du travail (15% de moins entre 2012 et 2023). Cependant, ses propositions se démarquent en portant au-delà de la question des moyens et des fondamentaux de la sinistralité professionnelle. « La prévention primordiale en milieu professionnel ne peut se limiter à la prévention des accidents du travail ou des maladies professionnelles : elle concerne aussi l’alimentation, le sommeil, les addictions, la santé mentale, le repérage des fragilités et l’articulation avec les parcours de santé », avance l’auteur du rapport.

Par conséquent, les services de prévention et de santé au travail (SPST) doivent pouvoir palier la pénurie de médecins par des équipes pluridisciplinaires. Avec l’objectif de disposer « des compétences, de l’attractivité et de l’organisation collective nécessaires pour faire de la prévention en milieu professionnel une composante effective de la prévention primordiale. »

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