L’épuisement gagne les agents territoriaux
L’épuisement, l’irritation, les incivilités mettent à l’épreuve les agents territoriaux. Le Baromètre de la santé mentale au travail de la fonction publique territoriale 2026 montre une dégradation ainsi qu’une absence de soutien de leur collectivité. Heureusement, leur travail conserve du sens.
Des exigences élevées et des marges de manœuvre budgétaires qui se réduisent. Le contexte tendu rejaillit sur la santé mentale des fonctionnaires territoriaux d’après l’édition 2026 du Baromètre de la santé mentale au travail de la fonction publique territoriale, réalisé par Idealco, la MNFCT et Moodwork. Sur les 6 513 personnels interrogés entre mai et juillet 2026, 45 % se déclarent épuisés par leur travail au moins une fois par semaine. C’est trois points de plus que l’année précédente. Même constat en ce qui concerne l’irritation ressentie. En outre, 36,6 % perçoivent un risque pour leur santé mentale sur leur lieu de travail.
Des personnels plus vulnérables
Parmi les agents, ceux de catégorie C (fonctions d’exécution) apparaissent particulièrement touchés : 46,8 % d’entre-eux se disent épuisés. Ce sont eux également qui subissent le plus d’incivilités or celles-ci suscitent des troubles du sommeil dans 43 % des cas. Comparativement, seuls 13 % de ceux qui échappent à cette violence en souffrent. Quant aux encadrants (catégorie A), ils ne sont pas épargnés non plus avec 39,5 % à souffrir d’épuisement. Toutes catégories confondues, les agents déplorent un manque de soutien de leur collectivité. Dans les 15 % de cas où l’employeur a appuyé ses agents, le niveau d’épuisement a pourtant diminué d’un tiers.
Des agents laissés à eux-mêmes
65 % des agents interrogés réclament un accompagnement annuel. D’autant que près des trois quarts des territoriaux n’ont reçu aucune formation aux risques psychosociaux. Ce qui ne les empêche pas d’agir : 76 % ont mis en place au moins une action pour préserver leur santé mentale (activité physique, relaxation ou accompagnement psychologique). Cependant, la capacité à se prendre en charge apparaît contrastée selon les agents. 39 % ont dû renoncer à des soins de santé mentale. En cause, le manque d’argent (59 %), de temps (55 %), de spécialiste accessible (37 %) mais également la peur du jugement (17 %). Face à ces difficultés, 71 % des agents soulignent l’importance du sens de leur travail. Ceux qui peuvent s’y référer y trouvent un point de réassurance en subissant deux fois moins d’épuisement. D’autant plus lorsqu’ils bénéficient du soutien de collègues, de reconnaissance et d’horaires adaptés. Cependant, cette ressource apparaît fragile avec un recul de quatre points en un an du nombre de ceux qui s’appuient sur ce sens du travail pour mieux résister à l’épuisement.

