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80 % des salariés ont subi des comportements hostiles

Répandus dans le cadre professionnel, les comportements hostiles prennent des formes multiples, d’après une enquête récente. Malgré une augmentation des signalements, la plupart des victimes préfère encore taire ce malaise par crainte des conséquences.

Au cours de leur carrière 31 % des salariés ont subi du harcèlement ou des comportements inadaptés. Par ailleurs, 48 % en ont été témoins. 58 % déclarent même que ces faits sont survenus au cours des douze derniers mois dans leur emploi actuel. Tels sont les résultats d’une enquête que le cabinet Reversens, spécialisé dans l’approche de ces situations sensibles au sein des entreprises, a diligenté, du 9 au 16 septembre 2026.

Des secteurs particulièrement exposés

Les réponses des 3 100 salariés et des 2 700 professionnels interrogés font également ressortir des différences entre les secteurs. En tête des plus exposés figurent la santé et les hôpitaux (39%), devant l’hôtellerie-restauration (38%), suivis par le médico-social et l’aide à la personne (34%).

Les professionnels destinataires des signalements observent une prédominance des dénigrements et des humiliations (47 % des cas voire 52 à 55 % dans les secteurs les plus exposés). Viennent ensuite, la pression et la surcharge de travail (43%) puis les incivilités (32%). En revanche, les agressions physiques et sexuelles demeurent plus rares (7 à 8 % des signalements). A noter que 29 % de salariés se sont sentis mis à l’écart. « Le sondage pointe les mises à l’écart mais les comportements par omission générateurs de souffrance sont bien plus nombreux, ils recouvrent l’absence, au regard des usages de la vie professionnelle et sociale, de remerciements, de feedbacks positifs, de communication en amont de décisions managériales légitimes etc», commente dans un communiqué Anne-Sophie Chéron, ingénieure, psychologue clinicienne et fondatrice du cabinet Reversens.

Des salariés en décalage

En répondant à l’enquête, les salariés expriment une réalité un peu différente. A leurs yeux, la pression et la surcharge de travail viennent en tête des comportements hostiles (33%), devant les incivilités (28%), puis les dénigrements et les humiliations (25%). La pression et la surcharge de travail dominent dans la santé et les hôpitaux. Dans l’hôtellerie-restauration et le commerce-distribution, les répondants déplorent plus massivement les incivilités. Cependant, les écarts entre les signalements enregistrés et le vécu que rapportent les salariés, témoignent d’une sous-déclaration. Même si les professionnels observent une augmentation de 82 % des signalements au cours des trois dernières années, tous secteurs confondus.

Briser l’omerta

Cependant, 46 % des professionnels estiment qu’un quart seulement des faits concernés leur remontent. Ce que confirment 31 % des salariés. Ils avouent en effet leur réticence à signaler une situation grave et répétée dont ils seraient victimes. En premier lieu, par souci des conséquences sur leur évolution de carrière, particulièrement dans la banque-finance et le numérique. Quant aux salariés de l’hôtellerie-restauration, du BTP, du commerce et des transports, ils craignent de perdre leur emploi. 42 % des répondants doutent d’ailleurs que leur signalement améliore la situation et 37 % redoutent même des représailles. Pour un salarié sur cinq cependant le silence s’explique plus simplement : ils n’identifient aucun interlocuteur auquel s’adresser au sein de leur entreprise.

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