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Le bruit perturbe le travail d’une majorité d’actifs

Près de six actifs sur dix souffrent du bruit au travail. Et les trois quarts constatent des répercussions sur leur santé. Ce risque reste pourtant insuffisamment pris en compte par les employeurs d’après le dernier Baromètre des nuisances sonores au travail.

Dix éditions et toujours un même constat. A l’occasion de la Semaine de la santé auditive au travail (du 12 au 16 octobre 2026), le dernier Baromètre de l’Association nationale de l’audition (Ana), observe que la santé auditive des salariés reste insuffisamment prise en compte. 59 % des actifs se déclarent pourtant gênés par le bruit. Dans les bureaux, c’est particulièrement le cas au sein des open spaces (64%) ou encore pour ceux qui travaillent en flex office (65%). Quant aux salariés postés en atelier, sur des chantiers ou sur une chaîne de production, 68 % d’entre-eux se déclarent incommodés par leur environnement sonore.

Des répercussions sanitaires

Pour 74% des actifs, cette exposition au bruit se répercute sur leur santé. « Fatigue, irritabilité, difficultés de concentration, stress ou gêne auditive figurent parmi les principales conséquences citées par les salariés interrogés », relève l’Ana. En outre, plus d’un travailleur sur deux subit des impacts allant jusqu’à des acouphènes ou des baisses d’audition. Les premiers résultats provenant de l’étude des pratiques d’accompagnement des acouphènes en entreprise (EPPECAe) montrent que 35 % des actifs souffrent de sifflements ou de bourdonnements au travail. Sur 158 cas observés, les scientifiques ont identifié une corrélation entre l’intensité du handicap imputable aux acouphènes et les signes de burn-out. Ce qui se traduit par de l’épuisement, des plaintes psychiques mais également des difficultés cognitives et de la détresse émotionnelle. Avec des conséquences en cascade sur la performance au travail. Autant d’indications que les scientifiques souhaitent désormais conforter en appelant tous les actifs victimes d’acouphènes à participer à la poursuite de l’étude.

Entamer un dialogue en entreprise

Pour l’ANA, l’acouphène doit désormais s’intégrer dans le champ de la prévention des risques psycho-sociaux (RPS). L’association plaide pour qu’il soit « reconnu comme un handicap invisible majeur dans les politiques de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT). »

Une revendication qui risque de rencontrer une certaine inertie tant l’enjeu de la santé auditive paraît parfois sous-estimé. Certes, 54 % des actifs déclarent que leur employeur a mis en place au moins une mesure limitant les nuisances sonores. Cependant, 49 % appellent leurs employeurs à prendre davantage en considération leurs remarques et leurs idées destinées à réduire le bruit. 35 % réclament une information sur les risques auditifs et les moyens de protection et 32 % attendent des équipements moins bruyants. Pour l’association organisatrice de la Semaine de la santé auditive au travail, il s’agit désormais d’un enjeu de santé publique. Elle appelle les pouvoirs publics à le reconnaître comme tel, en l’érigeant en priorité des politiques de santé au travail.

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