Dans le secteur privé, un noyau dur d’absences au travail
L’absentéisme progresse dans le secteur privé, en nombre de salariés comme en durée d’arrêt. Pas de manière égale cependant pour tous les salariés. D’après le dernier baromètre que publie WTW, 11 % des collaborateurs cumulent les absences et les femmes sont davantage fragilisées que leurs homologues masculins.
Pour la deuxième année consécutive, les absences dans le secteur privé progressent. Selon le « Baromètre absentéisme privé 2026 » du courtier WTW, le taux grimpe à 4,95 % de salariés. Ce qui s’explique par un allongement de la durée moyenne d’absence qui atteint 38 jours. On retiendra que 34 % des travailleurs du secteur privé manquent à l’appel au moins une fois dans l’année. Cependant, 11 % des absents se trouvent à l’origine de 61 % de l’absentéisme avec plus de 90 jours d’absence chacun. Par ailleurs, les entreprises doivent s’adapter à des défaillances certes plus brèves (41 % manquent un à sept jours dans l’année) mais qui désorganisent l’activité.
Un absentéisme variable selon les catégories de salariés
WTW a repéré un absentéisme croissant chez les non-cadres (+26% en 2025), les seniors de plus de 50 ans (+26%) et les femmes (+21%). Mais la tendance commence à impacter les cadres également (+17%) en raison des tensions qu’implique le management dans des environnements professionnels en mutation. Quant aux plus jeunes, ils n’échappent pas non plus à une progression de l’absentéisme. Son taux grimpe de +10 % parmi les moins de 40 ans qui attendent de leur employeur davantage d’autonomie dans leur travail et leur organisation.
Des femmes davantage fragilisées
Parmi les salariées, les absences apparaissent plus fréquentes, ce que le Baromètre attribue à la parentalité. Cette « pénalité maternelle » se traduit par un absentéisme majoré de 10 à 15% dans l’année suivant une naissance.
Par ailleurs, leur poste les expose davantage à des contraintes liées à l’environnement, aux postures, à la charge émotionnelle, aux horaires ou aux conditions d’emploi. Santé publique France ayant également relevé une plus forte exposition à certains cancers, aux violences sexistes et sexuelles, ainsi qu’à la souffrance psychique au travail.
Renforcer l’évaluation différenciée des risques professionnels
Le Baromètre relève que certains risques, auxquels les femmes sont particulièrement exposées, restent insuffisamment visibles ou reconnus. « Cette situation peut notamment contribuer à une prise en charge plus tardive des maladies cardiovasculaires, pourtant première cause de mortalité féminine », indique WTW dans un communiqué. Ce qui plaide en faveur d’une meilleure prise en considération de l’exposition aux risques selon le genre, alors que cette analyse différenciée dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) revêt pourtant un caractère obligatoire depuis 2014.

