Edito

Édito n°37

Quand le travail fait suer

Alors que nous bouclons ce numéro, une nouvelle vague historique de chaleur accable non seulement les populations les plus fragiles, mais également bon nombre de travailleurs particulièrement exposés. Baisse de la concentration, fatigue accrue, déshydratation… les effets délétères de la chaleur sont connus et amplifient le risque d’accident du travail. Une caisse de résonance dont on se serait bien passé…
Et l’Hexagone ne fait pas exception. En Inde par exemple, les températures dépassent dans de nombreuses villes les 45°C ! Les autorités y dénombraient ces derniers jours 16 morts directement imputables à cette vague de chaleur. Partout, les épisodes de canicule se font plus fréquents, plus longs et plus intenses.
Face à cette réalité du réchauffement climatique – n’en déplaisent aux climato-sceptiques qui osent se réjouir de l’abandon par les scientifiques de l’hypothèse la plus pessimiste du GIEC –, il convient d’agir. En France, le décret du 27 mai 2025, applicable depuis le 1er juillet 2025, introduit enfin dans le Code du travail la notion de risques liés aux épisodes de chaleur intense (lire notre rubrique Juridique pages 30 et 31). Cette nouvelle législation prévoit un ensemble de mesures – adaptation des horaires, démultiplication des pauses, réduction des efforts physiques, protection contre le rayonnement solaire, mise à disposition d’eau potable fraîche… – que les employeurs doivent mettre en place lors des alertes météo. Le législateur aura à
dessein fait l’impasse sur la définition d’un seuil maximal de température. Flexibilité oblige, nous explique-t-on. Aux seuls employeurs donc de positionner le curseur en fonction des
spécificités de leur activité, de leurs contraintes et… de leurs intérêts ?
D’un point de vue plus global, il serait vain de tenter d’améliorer durablement les conditions de travail dans les périodes de forte chaleur sans s’attaquer directement au réchauffement climatique. A moins, bien sûr, d’être naïf au point d’espérer arrêter un tsunami avec des sacs de sable…

Nicolas Lefebvre

Nicolas Lefebvre

Journaliste dans la presse économique depuis 2002, il publie également un livre d’investigation aux éditions de l’Archipel en 2010. Secouriste bénévole, sauveteur aquatique et moniteur de premiers secours entre 2004 et 2018, il consacre sa maîtrise d’Histoire contemporaine à l’institutionnalisation du secourisme au sortir de la seconde guerre mondiale.En 2011, il fonde Oxygène Editions afin de publier Secours Mag, puis en 2017, SST Mag. Il assure aujourd’hui la rédaction en chef de ces deux titres de presse professionnelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X