La durée des absences au travail s’est allongée en 2025 d’après Malakoff Humanis
Depuis la crise de la Covid, l’absentéisme culmine à un niveau élevé dans le secteur privé. La durée des arrêts s’allonge également d’après Malakoff Humanis qui a étudié les tendances entre 2016 et 2025.
En 2025, près d’un salarié du secteur privé sur trois a été arrêté. C’est 25,5 % de plus qu’en 2019. L’impact devient significatif pour les entreprises avec un taux d’absentéisme qui s’établit à 4,3 %. Pour obtenir ces données Malakoff Humanis a croisé trois sources. D’une part, les arrêts déclarés de 3,8 millions de salarié. D’autre part, le suivi médical de plus de 300 000 personnes en arrêt long. Enfin, le groupe de protection sociale a exploité les enseignements de son 10ème baromètre annuel interrogeant des salariés, des entreprises et des médecins.
Un palier pour l’absentéisme
Depuis la crise de la Covid, force est de constater que le taux d’absentéisme ne redescend pas. « En dix ans, sous l’effet des évolutions sociétales et du vieillissement de la population, nous avons vu le phénomène changer de nature et s’ancrer dans la durée », commente dans un communiqué, Eric Vaudaine, directeur général délégué de Malakoff Humanis. La fréquence des arrêts paraît particulièrement élevée parmi les moins de 30 ans. Au cours de l’année 2025, 21,5 % ont été absents à deux reprises et 17,5 %, trois fois ou davantage. Le groupe de protection sociale évoque à ce sujet « une entrée dans la vie active qui ne va pas toujours de soi. » Ces arrêts restent cependant relativement courts : 12,4 jours en moyenne.
Les durées d’arrêt s’allongent
Chez les plus de 55 ans, en revanche, la tendance s’inverse. Les arrêts apparaissent moins fréquents (28,5 % ont été absents au moins une fois en 2025) mais plus durables (39,7 jours en moyenne). Des absences qui découlent plus souvent de pathologies lourdes. Cependant, 37,8 % des arrêts supérieurs à 30 jours s’expliquent par des motifs psychologiques, toutes générations confondues. Ils concernent d’avantage les femmes (36,9%) et les cadres (44,4%). Ces derniers cumulent augmentation du taux d’absentéisme (+35,2 % par rapport à 2019) et allongement des durées annuelles d’arrêt (+3,8 jours depuis 2019). Parmi les cadres, la population la plus vulnérable se compose des managers. 53 % se sont vu prescrire au moins un arrêt en 2025. « Un chiffre en nette progression depuis l’introduction de nouvelles formes de travail comme le management hybride », souligne Malakoff Humanis.
Les entreprises ne réagissent par suffisamment
« L’enjeu n’est plus seulement de comprendre pourquoi les salariés s’arrêtent, il est de savoir comment bâtir les conditions de leur retour », ajoute Eric Vaudaine. Malakoff Humanis accompagne d’ailleurs les entreprises dans des démarches de prévention. A condition quelles soient prêtes à prendre le sujet de l’absentéisme à bras le corps. Ce qui ne va pas de soi actuellement. Le sujet préoccupe en effet 63 % des employeurs mais 55 % n’ont déployé aucune action correctrice.

