Face à la canicule, les syndicats européens réclament une obligation d’évaluer les risques liés à la chaleur
Quelque 130 millions de travailleurs souffrent des fortes chaleurs qui se généralisent en Europe. Pour adapter la protection des salariés, l’Etui réclame de rendre obligatoire une mesure de ce risque thermique en entreprise au moyen d’un nouvel index qui serait multifactoriel.
Le dérèglement climatique va-t-il faire bouger les lignes au sein des entreprises ? C’est en tout cas ce qu’espère l’Institut syndical européen (Etui). Ce centre de recherche et de formation basé à Bruxelles a étudié les impacts des températures actuelles sur les salariés. Il dénombre environ 130 millions de travailleurs impactés à travers l’Europe. Quant à l’impact sanitaire, l’Etui l’estime à 277 000 hospitalisations et 230 décès par an.
Dans son rapport, l’institut relève également que les épisodes de fortes chaleurs deviennent un phénomène durable. En outre, ils ne frappent plus uniquement le sud du continent. L’Europe du Nord s’en rapproche à grand pas.
Mobilier les employeurs
Par conséquent l’Etui réclame une meilleure prise en charge de ce risque professionnel au sein des entreprises. L’organisation bruxelloise prône une évaluation obligatoire du risque thermique par tous les employeurs. Ce qui permettrait d’identifier précisément les faiblesses de la protection des salariés dans chaque contexte particulier de travail.
Pour cette évaluation, l’Etui entend aller au-delà d’une simple lecture du thermomètre. Il souhaite élaborer un index de stress lié à la chaleur. Son calcul intégrerait le degré d’humidité ainsi que la vitesse du vent.
En rendant ainsi l’effet des vagues de chaleur mesurable, cet index permettrait de mieux adapter les mesures de protection. Et surtout de ne pas être surpris ou désorganisé au moment où de tels phénomènes se produisent. Ce qui pourrait rejoindre l’intérêt des employeurs puisque des études ont montré un lien entre l’élévation des températures et une diminution de la productivité.

