Les aidants fragilisés mais insuffisamment accompagnés par leur entreprise
Un salarié sur cinq est aussi un aidant dans sa vie personnelle. Une situation source de tensions professionnelles pour le salarié comme pour le collectif de travail, souligne le dernier Baromètre aider & travailler. D’autant que les entreprises ne déploient pas encore les mesures d’accompagnement nécessaires.
Aider un parent âgé ou malade tout en conservant une vie professionnelle fait partie du quotidien de 20 % des salariés. Cette situation n’a rien de passager puisqu’elle dure au moins six années, dans la majorité des cas. Cet engagement familial fragilise les salariés, comme le montre la quatrième édition du Baromètre aider & travailler*. 85 % des aidants interrogés déclarent que leur rôle a des répercussions négatives sur leur santé et 65 % sur leur travail. Ces impacts professionnels concernent leur capacité à organiser leur activité (69 %), leur rémunération (47 %) et leur évolution professionnelle (43 %).
Des impacts collatéraux dans le cadre professionnel
Ces effets dépassent les seuls salariés aidants. 62 % de leurs collègues et de leurs managers déplorent un impact négatif sur leur propre travail, en termes d’organisation personnelle et des équipes. C’est pourquoi, « ces chiffres invitent à dépasser une approche de l’aidance uniquement centrée sur le salarié concerné », soulignent les auteurs de l’étude. Pour être efficace, une politique d’entreprise doit également prendre en compte la capacité du manager à organiser l’activité et celle de l’équipe à absorber les ajustements nécessaires. » Bien que les salariés aidants aient renforcé leurs compétences, ils expriment également un besoin d’accompagnement de la part de leur employeur.
Une demande de davantage de souplesse au travail
Pour faciliter leur maintien dans l’emploi 61 % des aidants souhaitent des horaires aménagés ou la possibilité de les modifier, plutôt que de prendre des congés payés (38%). Il s’agit d’adapter concrètement le travail à leurs contraintes, en fonction de leur situation, de leur poste et du moment de leur parcours d’aidance. 91 % des aidants parviennent à travailler à temps plein mais 93 % de ceux qui ont basculé à temps partiel évoquent une situation subie plutôt que choisie.
Du côté, des RH, la connaissance du phénomène progresse : 89 % en mesurent l’ampleur et les trois quarts n’éprouvent pas de difficulté à aborder ce sujet. Dans 72 % des organisations, l’aidance a d’ailleurs été inscrite dans le dialogue social. Toutefois, 97 % des RH n’ont mis en place aucun échange entre les collaborateurs aidants et non-aidants. 81 % n’ont entrepris aucune action.
Les managers en première ligne
Le Baromètre montre cependant que la majorité des aidants n’hésite plus à aborder ses difficultés avec son manager direct. 32 % s’en ouvrent également à leurs collègues, plutôt qu’aux RH (25%). Pourtant, plus des trois quarts des managers et des collègues ressentent le besoin d’être accompagnés sur le sujet or les formations font aujourd’hui défaut. Les efforts se concentrent davantage sur de l’information et du repérage des cas or ces mesure ne concernent encore qu’une minorité d’entreprises.
*Réalisé du 29 mai au 30 juin 2026, auprès de 358 aidants par Interfacia, spécialiste du management de l’aidance en entreprise, en partenariat avec Tilia, société de conseils et d’accompagnement pour les entreprises et leurs salariés aidants, BNP Paribas Personal Finance, l’ANPP–Territoires de projet et Olystic.

