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Dans les petites entreprises, des dirigeants en souffrance physique et psychologique

Des TPE aux ETI, de nombreux patrons ressentent un épuisement et des tensions psychologiques en raison du stress administratif et des incertitudes économiques. D’après le 11ème Baromètre de la santé des dirigeants, que publie la Fondation MMA des entrepreneurs du futur, l’isolement ressenti aggrave ces difficultés.

Pour la 11ème édition de son Baromètre de la santé des dirigeants, la Fondation MMA des entrepreneurs du futur a demandé à l’Ifop d’interroger un millier de dirigeants de TPE, PME et ETI. Avec un focus particulier sur leur situation psychologique compte tenu des difficultés qu’ils rencontrent. Les résultats apparaissent contrastés puisque 88 % se déclarent en bonne santé (10 points supplémentaires en dix ans). Cependant, 85 % ressentent au moins un trouble physique ou psychologique. Ce constat gagne même du terrain depuis la sortie de la crise Covid (26 points de plus qu’en 2021).

Un mauvais état de santé

Parmi les symptôme de cette dégradation, les dirigeants citent d’abord l’épuisement et les tensions musculaires (50 %). Ils sont suivis par les troubles du sommeil (49%) et anxieux (43 %). 41 % ressentent par ailleurs un découragement et une perte de motivation. A l’origine de ce malaise, les patrons incriminent la charge réglementaire et administrative (64%), devant la surcharge de travail (55 %) et l’incertitude économique (54 %). Un constat inégal parmi les entrepreneurs puisque 76 % s’estiment en bonne santé mentale (+9 points en un an) contre 24 % en situation de mal-être et et 27 % qui l’ont déjà été. Mais ceux qui se trouvent en mauvaise santé psychologique, ressentent plus fortement les facteurs déstabilisants.

Une spirale inquiétante

Au sein de cette population déjà fragilisée s’amorce un cercle vicieux qui déborde sur la vie personnelle. Ces répondants font état d’une charge mentale élevée, d’une hyperconnexion (84 %) ainsi que d’un manque de sommeil et de troubles physiques (81 %). Il s’y ajoute une irritabilité et des problèmes de concentration (73 %). Ces vulnérabilités impactent en retour le travail avec une diminution de la productivité (91%), de la motivation, du chiffre d’affaires (79 %) et de la capacité à innover ou à se projeter (69 %).

Une affaire de résilience individuelle

Face à ces épreuve, les dirigeants trouvent des solutions pour leur propre compte. La majorité choisit une pratique sportive (65 %), de privilégier l’amélioration de son équilibre, son sommeil (57 %) ou encore de se déconnecter plus souvent (56 %). En revanche, une minorité (28%) envisage de se faire accompagner. « Demander de l’aide est trop souvent perçu comme un aveu de faiblesse et beaucoup de dirigeants préfèrent continuer à porter seuls leurs difficultés plutôt que de reconnaître leur souffrance. Cette culture du « tout seul » est tenace », observe Martine Tiberino, présidente d’Apesa France (Aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë), interrogée par la Fondation. Faute de s’en sortir seuls, certains préfèrent jeter l’éponge. Plus d’un tiers des patrons envisage ainsi l’arrêt de son activité.

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