Prévention

L’Anses souhaite la reconnaissance de l’exposition aux ultra-violets comme un risque professionnel

Dans un avis, publié le 15 octobre 2026, l’Anses établit un lien entre l’exposition des travailleurs aux rayons ultra-violets et la survenue de cancers de la peau. Elle réclame leur classement dans le tableau des maladies professionnelles ainsi que des mesures de prévention et d’évaluation de ce risque en entreprise.

Il existe un « lien avéré entre l’exposition professionnelle aux UV et la survenue de plusieurs cancers cutanés », affirme sans détour l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Dans un récent avis, elle cible précisément les carcinomes épidermoïdes cutanés, les carcinomes basocellulaires cutanés ainsi que les mélanomes cutanés. En revanche, les kératoses actiniques (KA) échappent à ce classement à risque. Ces atteintes de la peau dégénèrent, en effet, rarement en cancers.

Des travailleurs exposés à l’extérieur

Le risque de cancer lié à aux rayons UV menace principalement les travailleurs en extérieur. « En Europe, l’exposition au rayonnement solaire représente l’exposition la plus courante parmi les 24 facteurs de risques de cancer étudiés dans la dernière enquête de l’Agence d’information de l’Union européenne en matière de sécurité et de santé au travail (EU-OSHA) », rappelle l’Anses. Pour la France, l’Agence a listé les professions les plus vulnérables. Il s’agit des jardiniers, des paysagistes, des travailleurs du BTP, des agriculteurs, des travailleurs de la culture, de l’art et du social, de ceux de l’industrie et des télécommunications, des postiers, ainsi que des salariés du transport et du fret. Seule une minorité de travailleurs s’expose, en intérieur, à des UV artificiels.

Vers un classement en maladie professionnelle

Aussi, l’Anses réclame-t-elle d’inscrire les trois types de cancers concernés « en 1ère colonne d’un tableau de MP relatif à l’exposition professionnelle aux rayons UV. » L’enjeu sanitaire est de taille car la reconnaissance des cas demeure confidentielle. « En France, les demandes de reconnaissances en MP de cas de cancers cutanés (sans agents causaux précisés) présentées en CRRMP (Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, NDLR) constituent moins de 0,5 % par an de l’ensemble des demandes de reconnaissance entre 2013 et 2024 (137 dossiers). Avec 52 reconnaissances en MP sur cette période, ces demandes aboutissent à un avis favorable dans 40 % des cas », indiquent les auteurs de l’avis.

Evaluer et détecter au sein des entreprises

L’Anses entend également renforcer la prévention. Elle suggère de réaliser un examen cutané lors de chaque visite de médecine du travail afin de limiter les retards de diagnostic. Les médecins du travail devront être formés à ces examens.

Par ailleurs, l’Anses recommande une évaluation du risque UV au sein des entreprises. Cette démarche s’intégrant dans les documents uniques d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Les employeurs en déduiront des mesures de prévention, prioritairement collectives et organisationnelles. Il s’agit, par exemple, de reporter des activités en cas de risque élevé ou encore de limiter le temps passé au soleil par une rotation des postes. Quant à la fourniture de protections individuelles (chapeau, vêtements couvrants, crème solaire, lunettes de soleil…), elle constitue une réponse secondaire, à chaque fois que l’employeur n’a pas pu réduire l’exposition autrement.

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