Édito n°38
Coup de chaud sur la SST
Cet été, les fortes températures ont fait souffrir les corps et les esprits. Si certains chanceux bénéficiaient de climatisation, se sentant parfois même mieux au travail qu’à la maison, d’autres n’avaient d’autre choix que de courber l’échine. Alors, bien sûr, on aménage les horaires, on s’hydrate, on se protège tant bien que mal du soleil. En réalité, on appréhende surtout le jour d’après, dans une canicule qui n’en finit plus de durer. Et la perspective du réchauffement climatique devient une source d’angoisse réelle pour le futur.
Mais, il n’y a pas que le thermomètre qui voyait rouge ces dernières semaines. Alors que le plan de santé au travail 2026-2030, sorti en juin dernier, affiche une volonté de combattre sur tous les fronts les risques professionnels, les autorités envoient un message inverse en serrant la vis sur les arrêts maladies. Depuis le 1er septembre, la durée maximale d’un premier arrêt est ainsi limitée à 31 jours. Exit le libre arbitre du corps médical. Et, nul besoin de lire entre les lignes. Le message est on ne peut plus clair : fini de se tourner les pouces, au boulot ! La culpabilisation plutôt que la prévention ? Une recette au goût amer pour tous les professionnels de la santé au travail. Car, si le bien-être au travail flanche, ce sont les conditions d’emploi qu’il faut remettre en cause et non le droit à la protection sociale sous prétexte que la prévention a échoué…
Autre annonce significative : alors qu’une mission d’information, présidée par Monique Lubin (lire son interview dans SST Mag n°37, pages 32-33) portait précisément sur la souffrance au travail, le Sénat en a empêché sa parution officielle jugeant le texte déséquilibré et pénalisant pour les entreprises.
Alors, le soleil a beau encore briller dans le ciel, il est des signes qui ne trompent pas. L’automne approche et pas seulement sur notre calendrier.
Nicolas Lefebvre

