Les manageurs écartelés entre la diversité de leurs responsabilités et le manque de moyens
A l’occasion de la semaine pour la qualité de vie et les conditions de travail, l’Anact et Malakoff Humanis ont interrogé les manageurs sur les conditions d’exercice de leur activité. Accaparés par des missions très différentes, la plupart manque de temps pour l’encadrement individuel et l’écoute de ses collaborateurs.
Trop de missions et pas assez de temps. Tel est le constat que dresse un sondage de l’Agence pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) et Malakoff Humanis à propos des manageurs. En préambule de la semaine pour la qualité de vie et des conditions de travail, ils ont demandé à Toluna d’interroger un échantillon représentatif de 1 101 responsables du top ou middle management.
Une pluralité de missions à hiérarchiser
Au quotidien, leur emploi du temps se répartit entre le pilotage de l’activité (85%), la production (78%), la stratégie et l’accompagnement des équipes (80 à 85%). Un rôle multi-tâches qui laisse peu de temps pour le suivi individuel. « Parmi une dizaine de missions assumées au quotidien, aucune ne représente plus de 13 % du temps moyen déclaré », explique l’Anact. Toute la difficulté pour les manageurs consiste à les enchaîner, ce qui leur laisse peu de disponibilité pour les questions organisationnelles et humaines. D’autant que ces aspects de gestion des collaborateurs ne figurent pas au nombre de ceux que l’entreprise valorise en priorité. A la différence de la contribution à la stratégie (79%) et du reporting (78%).
Débordés par les urgences et l’administratif
Par ailleurs, les responsables interrogés estiment passer trop de temps à gérer les urgences (22%) et les tâches administratives (21%). Par conséquent, 34 % reconnaissent ne pas pouvoir consacrer assez de temps à la prise en compte des difficultés personnelles leurs collaborateurs. 33 % déplorent manquer de disponibilité pour l’encadrement individuel et 30 % pour l’animation de leur équipe.
Beaucoup d’attentes à satisfaire, trop peu de moyens
Les manageurs eux-même subissent la pression de leur hiérarchie ainsi qu’une difficulté à concilier leur vie personnelle et professionnelle (53%). Dans le même temps, c’est à eux que revient la mission de gérer les dysfonctionnements et l’absentéisme (53 %), les risques pour la santé mentale de leurs collaborateurs (52 %) et les tensions au sein de leur équipe (50 %). Bref, l’organisation du travail et le défaut de moyens les placent dans une position inconfortable. Comme le souligne l’Anact, « Le manque de temps, les contraintes budgétaires, l’importance du reporting, le décalage entre objectifs et moyens comptent ainsi parmi les principales causes identifiées. »
Un appel au soutien de leur entreprise
C’est pourquoi la plupart des manageurs réclame davantage de cohérence entre les responsabilités qui leurs sont confiées et les moyens dont ils disposent. Des attentes fortes et précises. 86 % réclament davantage de moyens pour reconnaître le travail de leurs collaborateurs (rémunération, formation, parcours). 84 % souhaitent davantage d’écoute et de soutien de la part de leurs propres manageurs et 83 % de la part des services supports. 83 % demandent également plus de temps, de méthodes et d’outils pour traiter les difficultés professionnelles au sein de leur l’équipe.
Ils se montrent même volontaires pour faire évoluer leur pratiques managériales, comme l’a montré le dernier baromètre santé au travail de Malakoff Humanis. 66% souhaitaient être formés pour prévenir les risques psychosociaux au sein de leur équipe et 67% se déclaraient à l’affût de bonnes pratiques pour gérer leur propre stress.

