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Les apprentis surexposés à la pénibilité au travail

Les apprentis subissent plusieurs facteurs de pénibilité, notamment au sein des TPE-PME, d’après une récente enquête. Ils cumulent également des heures supplémentaires et des horaires irréguliers. Sans oublier des trajets longs parcourus avec des modes de transport qui les exposent davantage au risque routier.

En alternant les périodes en centre de formation d’apprentis (CFA) et celles en entreprise, les jeunes qui choisissent ce cursus expérimentent un cadre de travail atypique. Pour en comprendre les effets, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) a interrogé 8 000 jeunes. Ces apprentis ayant suivi une formation, jusqu’à bac+2, dans différents secteurs professionnels au cours des années 2018-2019 et 2019-2020.

Quatre facteurs de pénibilité courants

D’après cette enquête sur l’orientation et les parcours en apprentissage (Oripa), 84 % des apprentis sont soumis à au moins un facteur de pénibilité physique. Dans 60 % des cas ils s’exposent régulièrement à des fumées, des poussières ou des températures élevées. D’autres facteurs les impactent dans une moindre mesure : le bruit ou des températures basses. Par ailleurs, 63 % des jeunes interrogés cumulent plusieurs facteurs de risque.

Des différences selon les secteurs

C’est dans les métiers de production que la pénibilité apparaît la plus marquée. Dans le bâtiment et l’artisanat, 59 % des apprentis s’exposent régulièrement à un facteur au moins. Ils citent notamment les poussières et les températures lorsqu’ils travaillent en extérieur. En ce qui concerne les métiers de bouche, des températures élevées et du bruit sont pointées du doigt. « Les contraintes physiques sont particulièrement fortes et incluent le travail répétitif, le port et le déplacement de charge lourde, la réalisation de mouvements douloureux ou fatigants, la station debout prolongée », ajoute la Dares. En outre, ils ressentent davantage la pénibilité dans des petites entreprises (moins de 250 salariés), également moins dotées en équipements de protection collective.

Des horaires irréguliers ou à rallonge

47 % des apprentis effectuent des horaires de travail atypiques (avant 7 heures ou après 20 h) et près de la moitié travaille le samedi (plus rarement le dimanche). En outre, 67 % enchaînent les heures supplémentaires. C’est moins que les autres salariés âgés de moins de 30 ans mais «ils en effectuent plus régulièrement et bénéficient moins systématiquement d’une compensation », relève la Dares. Les secteurs coutumiers de cette pratique sont l’agriculture, l’aménagement paysager, le bâtiment et l’artisanat. Plus des trois quarts des apprentis y sont cependant favorables. Plus encore lorsque ces heures font l’objet d’une compensation. Les apprentis concentrent plutôt leurs critiques sur un manque de souplesse des entreprises dans les périodes où ils préparent leurs examens. Certains jeunes évoquent également une différence entre le contenu des enseignements et la réalité du travail au sein de leur entreprise.

Des trajets longs et exposés

L’enquête Oripa a également soulevé la question des trajets quotidiens pour se rendre en CFA ou en entreprise. 74 % des apprentis y consacrent moins de 30 minutes. Dans le secteurs des services les durées s’allongent car il paraît plus difficile de trouver un employeur près de chez soi. 58 % des jeunes interrogés notent cependant que les trajets sont plus courts pour se rendre entreprise qu’en formation. 51 % utilisent leur propre véhicule. Pour se rendre au travail, 31 % empruntent des modes de transport vulnérables : deux-roues motorisé, vélo ou à pied. Ce qui s’explique par une localisation dispersée des entreprises alors que les CFA se situent dans des centres urbains que desservent les transports en commun.

Malgré ces différentes contraintes, les apprentis se déclarent massivement satisfaits de leur formation comme de leur entreprise. 96 % apprécient le métier, 94 % les horaires de travail et 87 % éprouvent un bien-être physique au travail.

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