Les pellets, une source méconnue d’intoxication au monoxyde de carbone
La fin de la période de chauffe est souvent celle où se commande le combustible pour la saison suivante. Les entreprises qui utilisent un chauffage à granulés de bois, ou pellets devront prendre des précautions pour la livraison et le stockage. Il existe en effet un risque d’intoxication au monoxyde de carbone aux conséquences parfois mortelles, alerte l’Anses.
Chaque hiver, les pompiers interviennent pour des intoxications au monoxyde carbone occasionnées par des chauffages défectueux. Moins connue est l’intoxication liée à des chaudières ou à des poêles à pellets en bon état de fonctionnement. Ce n’est pas la combustion qui est en cause mais le stockage de ces granulés de bois d’où émane du monoxyde de carbone (CO). L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier une note de vigilance après plusieurs cas constatés en France dans le cadre domestique. « Le monoxyde de carbone (CO) est responsable d’intoxications parfois mortelles. Inodore, incolore et indétectable, il peut entraîner, dans les cas les plus graves, un coma, des convulsions avec une détresse respiratoire à partir de 800 ppm et la mort rapide à partir de 1 900 ppm1 », avertit l’organisme de santé publique.
Une menace insidieuse
Dans un article paru en 2016, l’Institut national de recherche et de sécurité alertait déjà sur ce danger imperceptible. « Ce risque présente un caractère insidieux, car on ne s’attend pas à trouver du CO dans un lieu de stockage de produits uniquement à base de bois, en l’absence de combustion. » Outre ce phénomène dégazage, les pellets peuvent également produire des émanations toxiques par auto-échauffement. Par ailleurs, une réaction chimique suscite du dioxyde de carbone, du méthane ainsi qu’une consommation d’oxygène. Même si aucun décès pour ce motif n’a été déploré dans le cadre professionnel en France, des cas mortels ont été constatés en Europe du Nord. Une préoccupation qui a conduit à initier un projet de recherche européen baptisé SafePellets. Il a permis de mieux comprendre ces phénomènes, notamment une augmentation des émissions de monoxyde de carbone liées à l’élévation de la température ou à certaines essences de bois telles que le pin.« Dans des milieux confinés comme les silos de stockage, un faible débit d’émission suffit pour atteindre des concentrations dangereuses en CO », alerte l’INRS.
Contrôler les accès et la ventilation
L’Association nationale des professionnels du chauffage au granulé de bois, Propellet, a réagi à la publication de l’Anses en reconnaissant un risque potentiel, déjà connu des professionnels du secteur mais qui concerne les stockages de volumes importants. « Dans ces cas, un risque peut exister et nécessite le respect de protocoles stricts de sécurité et de ventilation », rappelle cette association. Pour sa part, l’INRS insiste sur une bonne ventilation des locaux de stockage mais également sur la limitation de leurs accès en dehors des opérations de maintenance ou des livraisons. Quant aux interventions, la chaudière doit être éteinte préalablement et le silo de stockage ventilé au moins quinze minutes avant. L’Anses vient compléter ces recommandations en rappelant que « certains Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) recommandent l’installation d’un détecteur de CO à proximité de ce lieu de stockage. »

