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Opérations de soudage : gare aux lasers !


La démocratisation des appareils de soudage laser manuel et leurs performances accélèrent leur diffusion. Leur utilisation fait cependant apparaître les risques professionnels parfois graves. L’institut national de recherche et de sécurité (INRS) appelle les fabricants à renforcer la protection qu’offrent ces matériels et les utilisateurs à prendre des précautions.

Plus puissant que les autres technologies de soudage, le laser permet de travailler plus rapidement. Avec d’autant plus de précision et d’agilité depuis qu’il existe sous une forme portative manuelle. Cependant, contrairement aux machines fixes, la protection des utilisateurs paraît plus difficile à assurer or les risques sont multiples : chimiques, liés au faisceau laser ou encore aux rayonnements parasites. Au point que l’INRS se fende d’une mise en garde sur le sujet. Les utilisateurs peuvent s’exposer à des émissions de rayonnements optiques parasites dangereux, directs et réfléchis, dans l’ultraviolet, le visible et l’infrarouge. Le rayonnement peut alors « entraîner des lésions oculaires et cutanées sévères et irréversibles même pour des durées d’exposition inférieures au quart de seconde, y compris après réflexion du faisceau », avertit l’INRS.

Des émissions dangereuses et des brûlures

En outre, leur utilisation pour des travaux de décapage de peintures thermolaquées a montré l’émission de substances dangereuses sous forme de fumées, de gaz ou de particules, issues de la matière ou des revêtements traités. D’autant que les locaux sont parfois insuffisamment ventilés. « Les différentes simulations menées montrent que, dans des configurations réalistes telles que de petits ateliers peu ventilés ou des cabines de protection laser, lors d’un décapage continu, les valeurs limites d’exposition professionnelles de certains polluants peuvent être dépassées en seulement quelques minutes. » explique Stéphanie Marsteau, responsable de laboratoire à l’INRS. Enfin, ces lasers manuels peuvent occasionner des inflammations ou des brûlures liées à leur énergie. Ce risque concerne particulièrement la rétine, la main ou le visage.

Renforcer la protection dès la conception des appareils

C’est pourquoi, l’INRS appelle prioritairement les fabricants à réduire ces risques par un effort portant sur la conception de leurs appareils. Par exemple, en limitant les émissions non intentionnelles de rayons laser, en intégrant des sécurités (coupure automatique du laser en cas de perte de contact avec la matière à souder, double action nécessaire au déclenchement) ou encore en limitant les possibilités d’exposition directe ou indirecte. Certaines mesures en revanche, concernent les locaux dont l’aménagement devra favoriser le confinement des émissions optiques, le captage des polluants et la ventilation. Enfin, les opérateurs devront porter une protection respiratoire appropriée, des vêtements couvrant tout le corps et un masque ou une visière protégeant les yeux ou le visage. Sans oublier pour les employeurs de former et d’informer les personnels des risques que comporte le soudage laser.

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