Le nouveau plan santé au travail fixe ses priorités jusqu’en 2030
Le 5 juin dernier, le ministre du travail et des solidarités, Jean-Pierre Farandou dévoilait le nouveau plan santé au travail (PST). Portant sur la période 2026-2030, il entend relancer une dynamique de diminution de la sinistralité. Dans sa cible, des sujets prioritaires, tels que les accidents graves, ou d’autres qui émergent avec les évolutions récente du travail et des entreprises.
Si le nombre d’accidents du travail diminue régulièrement, ce n’est pas le cas des plus graves. Leur stagnation, depuis 2010, justifie qu’ils deviennent la première priorité du nouveau plan santé au travail. Ce « PST 5 » tire en effet les enseignements des quatre précédents pour supprimer des angles morts de la prévention des risques professionnels. C’est pourquoi les branches mais aussi les entreprises seront accompagnées pour évaluer ces risques et développer une culture de prévention.
Des publics plus exposés
Le ministre souhaite également porter l’effort sur les jeunes et les nouveaux arrivants dans les entreprises. La moitié des décès au travail chez les moins de 25 ans survient dans leur première année de prise de poste. Par conséquent, il s’agira de renforcer la sécurité dans leur formation initiale et d’instaurer une procédure d’intégration que suivront les employeurs.
La troisième priorité du plan concerne les femmes dont les accidents de travail ont augmenté d’un quart entre 2020 et 2023. D’où l’idée d’adopter une évaluation des risques et des mesures de prévention différenciées.
Accompagner les évolutions du travail
Par ailleurs le plan prend acte des grands changements en cours, qu’il s’agisse du développement de l’intelligence artificielle ou du dérèglement climatique. De nouvelles activités et d’autres risques apparaissent, dont les entreprise doivent tenir compte. Le PST 5 prévoit un observatoire et un accompagnement, particulièrement pour les TPE-PME. Ces dernières seront également au centre de l’objectif de renforcer l’évaluation des risques professionnels. Enfin, le plan consacre un volet à la prévention de la désinsertion et de l’usure professionnelle.
Une gouvernance remaniée
Le PST 5 se distingue également par sa méthode. En ce qui concerne l’évaluation, elle fera « l’objet d’un suivi attentif de la part des partenaires sociaux dans le cadre du Comité national de prévention et de santé au travail (CNPST) ainsi que d’un point d’étape à mi-parcours. En outre, les mesures nationales se déclineront dans des plans régionaux dans le but de s’adapter aux territoires. « Je suis convaincu qu’en agissant collectivement, au plus près du terrain, nous pouvons renforcer l’efficacité de la prévention », a estimé Jean-Pierre Farandou.

