Sur leurs trajets, les conducteurs professionnels cumulent les facteurs de risque
Les conducteurs professionnels roulent davantage que les autres et dans des conditions plus risquées. Tel est le constat que dresse le 22ème baromètre d’Axa prévention. Il alerte également sur l’émergence d’un recours aux stupéfiants destiné à compenser le stress et la fatigue.
Les conducteurs professionnels roulent plus que les autres. Ils parcourent 13 540 km par an soit un kilométrage 53 % supérieur, note Axa prévention dans la 22ème édition de son Baromètre du comportement des Français sur la route. Ce temps passé à bord de leur véhicule les expose davantage au risque d’avoir un accident mais ce n’est pas l’unique danger. Parmi les 2 977 conducteurs interrogés en avril dernier, les trois quarts déclarent rouler fatigués. Un pari particulièrement risqué pour les 59 % qui reconnaissent tenir le volant durant quatre à cinq heures sans s’arrêter.
Des conducteurs tendus
Par ailleurs, les conducteurs professionnels n’ont pas l’impression de rouler dans des conditions sereines. 58 % subissent le stress du trafic et des embouteillages. Ils sont également 59 % à ressentir une pression de la part de leur employeur concernant la ponctualité, des objectifs à atteindre ou encore un rapport hiérarchique. Par ailleurs, plus d’un conducteur sur cinq redoute de croiser des usagers qui circuleraient sous l’emprise de l’alcool (22%) ou de stupéfiants (21%).
Des prises de risques accrues
« Ce cumul délétère favorise le basculement vers les comportements à risque », alerte dans un communiqué, Eric Lemaire, président d’Axa prévention. En effet, pour contrebalancer le stress et la fatigue, certains conducteurs se tournent vers la consommation de stupéfiants. Selon le baromètre, un conducteur de véhicule de société sur dix a basculé au cours des deux dernières années. Une prise de risque supplémentaire puisque les stupéfiants diminuent la vigilance, les réflexes et la perception des risques. Ces produits se trouvent en cause dans un accident de la route mortel sur cinq. Cependant, un conducteur à titre professionnel sur deux se déclare mal informé de ces risques.
Une mobilisation attendue de la part des entreprises
Une écrasante majorité (86%) juge utiles voire indispensables des actions de prévention en entreprise. 48 % souhaitent davantage d’information sur les dangers de la route. C’est pourquoi, Axa prévention appelle les employeurs à renforcer leur actions, notamment en ce qui concerne les stupéfiants. Elle rappelle d’ailleurs qu’il s’agit d’une obligation réglementaire. Pour aider les entreprises, elle met à leur disposition gratuitement des outils (auto-diagnostic du risque routier, e-learning, supports) sur le site Mon entreprise & moi. Elle propose également un guide de reconnaissance et de prévention des addictions. Enfin, Axa prévention rappelle l’obligation pour toute entreprise d’intégrer le risque routier et celui des stupéfiants dans son document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Malheureusement, 46 % seulement des dirigeants de TPE-PME s’y conforment actuellement.

