L’Anses fait un pas vers le mesurage des phtalates dans les poussières intérieures
Les phtalates font des miracles pour assouplir les plastiques mais leur instabilité constitue une menace pour la santé humaine. A l’intérieur des locaux où ils s’accumulent, ils risquent d’être inhalés ou ingérés. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) propose des valeurs guides. Elles permettront d’alerter en cas de dépassement de seuils.
Des salariés présents au bureau jusqu’aux enfants en crèche, ceux qui passent 80 % de leur journée dans des environnements clos se trouvent exposés à des agents chimiques, microbiologiques ou physiques. Parmi eux, les phtalates, un composé chimique (acide phtalique et alcools) qui confère de nouvelles propriétés aux matières plastiques. Au détriment de la santé humaine car ces particules instables se libèrent or elles s’avèrent hépatotoxiques,néphrotoxiques, reprotoxiques, neurotoxiques, avec des effets sur le système immunitaire. Pour aller au-delà des valeurs de référence de toxicité, l’Anses a élaboré des valeurs guides pour les poussières intérieures (VGPI) qui en mesurent la concentration massique. Ce nouvel indicateur se fonde sur un panier de plusieurs phtalates auxquels la population est la plus susceptible d’être exposée. A partir d’une liste de 15 éléments, l’Agence en a retenu six (BBP, DBP, DEHP, DEP, DIBP, DINP), toxiques et présents sur les sols, les meubles, etc.
Un objectif de surveillance et de protection
« Les VGPI sont des repères, exprimées en concentrations d’un ou plusieurs agent(s) chimique(s) dans la poussière, dont l’utilisation permettra de protéger la santé de la population. Elles sont élaborées sous forme de propositions de niveaux de protection gradués, dont le choix relève du gestionnaire de risques», précise l’Anses. Autrement dit, ce nouvel indicateur, qui tient compte de scénarios d’exposition aux phtalates, par voie orale, dans la vie quotidienne, permettra d’en surveiller les concentrations. D’après les mesures déjà disponibles, 7 % des logements et plus de la moitié des salles de classe, dépassent les VGPI. Ces VGPI serviront également d’étalon pour positionner les résultats de futures campagnes de mesure des phtalates dans des locaux.

