Actus

Près d’un travailleur européen sur deux exposé à des risques de cancer

Plus de 47 % des travailleurs auraient été exposés à un facteur de risque de cancer sur leur lieu de travail. Dans quelques cas, il s’agirait d’expositions multiples, d’après une étude de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA).

« 47,3 % des travailleurs sont probablement exposés à au moins un des 24 facteurs de risque de cancer évalués, dont environ 11 % sont exposés à au moins un à un niveau élevé », s’alarme l’EU-OSHA. Cette agence européenne en charge de la santé au travail vient de réaliser une étude sur le sujet, en France et dans cinq autres pays membres de l’Union (Allemagne, Espagne, Finlande Hongrie, Irlande). On notera cependant quelle n’a effectué aucune mesure sur les lieux de travail. Elle a établi les expositions au risque de cancer à partir de 24 402 entretiens téléphoniques. Ensuite, elle a extrapolé ces informations, qu’elle a recueillies entre septembre 2022 et février 2023, afin d’obtenir un échantillon représentatif de 98,5 millions d’Européens.

Des expositions variées

On retiendra que les expositions les plus fréquentes impliquent les radiations UV (notamment pour les ouvriers travaillant en extérieur), les émissions de moteurs diesel (qui impactent les conducteurs et les techniciens intervenant sur des véhicules), le benzène, les poussières de silice cristalline (dans les mines et les carrières, particulièrement) ainsi que le formaldéhyde (dans le cas des pompiers intervenant sur un incendie, par exemple). 11 % des travailleurs subiraient des niveaux d’exposition particulièrement élevés et 26,1 % seraient multi-exposés. L’EU-OSHA note cependant que ces expositions multiples ne sont pas nécessairement concomitantes. Enfin, des différences existent, liées au genre (les travailleurs masculins sont généralement plus exposés) à l’âge (les plus âgés en tête) et aux secteurs d’activité (certains ayant pris des mesures de protection élevées, d’autres pas).

Agir à la source

Les auteurs de l’étude estiment que leurs travaux pourraient donner lieu à des évolutions réglementaires à l’échelon européen. En attendant que les pouvoirs publics se saisissent de ces conclusions, ils invitent les entreprises à agir. Particulièrement en privilégiant « l’élimination ou la substitution des facteurs de risque de cancer lorsque cela est possible » ou en garantissant « l’utilisation systématique de mesures de contrôle adéquates. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X