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Une étude européenne appelle à réduire le stress des agriculteurs

Alors que les agriculteurs redoutent d’être fragilisés par l’accord avec le Mercosur, un projet de recherche européen met en évidence leur détresse psychologique. Il propose des mesures pour réduire un stress élevé, associé à des risques dépressifs voire suicidaires.

Jusqu’à Bruxelles, les agriculteurs européens manifestent contre le Mercosur. Ils redoutent que le nouvel accord avec cette zone de libre-échange d’Amérique du Sud ne les concurrence de manière déloyale. Un facteur de stress supplémentaire pour des professionnels déjà éprouvés psychologiquement. « Les fermiers et les ouvrier agricoles européens sont confrontés à de multiples facteurs de stress interdépendants, notamment des pressions financières, les impacts du changement climatique, une charge administrative excessive, de longues heures de travail et l’isolement social », notent les auteurs du projet de recherche européen, baptisé SafeHabitus. On y ajoutera, dans le cas des agricultrices, la difficulté à évoluer dans un univers dominé par des codes masculins.

Des fragilités mal prises en charge

En Europe,la profession souffre de dépression et de troubles anxieux. L’issue fatale, par des tentatives de suicides, reste cependant plus rare. A l’exception de la France où ce risque est 20 % plus fort que chez nos voisins. Il concerne particulièrement les hommes âgés de 45 à 54 ans. Ces fragilités psychologiques proviennent d’une combinaison de facteurs impactant leur santé et leur bien-être. Avec cependant des différences selon l’activité, la localisation, la taille de l’exploitation, etc. Par ailleurs, ces professionnels souffrent d’une prise en charge insuffisante. Le sujet est en effet partagé entre différentes autorités, en charge de la santé et de l’agriculture. C’est pourquoi, les auteurs invitent à adopter une dizaine de mesures, notamment une politique européenne de soutien psychologique, dûment financée. L’accent devra être mis sur la détection des agriculteurs fragilisés.

Détection précoce et soutien personnalisé

De nombreuses préconisations concernent non pas l’individu mais l’activité elle-même. Par exemple,réduire la paperasserie administrative, garantir un revenu minimal d’activité, accompagner les exploitations dans l’adaptation aux impacts du changement climatique, apporter du conseil sur les aspects financiers et de gouvernance, améliorer la couverture sociale des chefs d’entreprise… Certaines suggestions mériteront des recherches supplémentaires, par exemple pour trouver des solutions permettant aux agriculteurs de réduire leurs horaires de travail, de partir en vacances ou encore d’équilibrer leurs vies professionnelle et personnelle. De telles transformations, reconnaissent les auteurs, exigeront « un engagement soutenu de la part des
© Pixnio.com / Bicanskiinstitutions de l’UE, des États membres et des organisations des acteurs agricoles. »

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