En 2025, une dégradation sur le front des accidents du travail et des maladies professionnelles
Le bilan que publie l’Assurance maladie risques professionnels pour l’année 2025 montre une dégradation des principaux indicateurs. Les maladies imputables au travail connaissent la plus forte progression. Quant aux accidents, ils augmentent insensiblement. A l’exception de ceux de trajet, particulièrement fréquents chez les jeunes actifs.
« L’année 2025 s’inscrit dans la tendance de sinistralité depuis la crise sanitaire. » D’emblée, l’Assurance maladie risques professionnels donne sur son site la tonalité de son bilan 2025. Principal facteur de préoccupation, les maladies professionnelles (MP) avec arrêt dépassent leur niveau de 2019. Elles ont progressé de 3,9 % en l’espace d’un an. Avec des pics pour certaines pathologies. La plus forte hausse revient aux affections psychiques (+9%) alors que l’ensemble des maladies hors tableau progresse de 5,3 %.
En deuxième position viennent les troubles musculo-squelettiques qui augmentent plus que la moyenne des MP (+3,9%). Ils se maintiennent d’ailleurs en tête des pathologies du travail les plus fréquentes, puisqu’ils représentent 90 % des MP. A noter que les MP ont été moins nombreuses à connaître une issue fatale en 2025
Des accidents du travail qui se maintiennent
En ce qui concerne les accidents du travail, l’évolution en volume paraît peu signifiante (+0,3%) tout comme leur fréquence. En revanche, leur gravité progresse avec 19 décès supplémentaires en un an (soit un total de 783 cas). Quant aux accident de trajet, leur nombre augmente (+1,7%) avec un indice de fréquence de 4,6. Là encore, les issues fatales ont été plus nombreuses (26 cas supplémentaires). Sur les 344 décès enregistrés au cours de l’année 2025, 261 relevaient d’un accident de la route.
Par ailleurs, l’Assurance maladie met l’accent sur une exposition des jeunes travailleurs. Alors que les moins de 25 ans représentent 11 % des salariés du régime général, ils concentrent 16 % des accidents de travail et 23 % de ceux de trajet. Ils connaissent heureusement moins de décès et de séquelles persistantes que leurs aînés. Avec une particularité que relève le rapport : « Chez les jeunes, un accident de trajet génère en moyenne plus de journées d’arrêt qu’un AT, alors que, tous âges confondus, c’est l’inverse. »
Davantage d’indemnités journalières
En ce qui concerne l’équilibre financier du régime, l’Assurance maladie risques professionnels enregistre une progression de 10,5 % des indemnités journalières (IJ). Avec 500 M€ d’euros supplémentaires en un an, cette charge atteint désormais 5,4 Mds€. Soit presque un euro sur deux que dépense cette branche de la Sécurité sociale.
En revanche, l’impact des incapacités permanentes (IP) ralentit sa progression (+2,4%) pour la deuxième année consécutive. Ce qui représente tout de même, le deuxième poste de prestations avec 4,8 Mds€.
Quant aux incitations financières que l’Assurance maladie accorde aux entreprises pour améliorer la prévention, elles ne représentent que 56,7 M€. Pour sa part, le Fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle, a distribué 139,5 M€ afin que les employeurs atténuent les risques ergonomiques.

