Coûts cachés de l’absentéisme : comment les identifier et les réduire ?
Les absences au travail ont un coût élevé et souvent invisible pour les employeurs. Identifier ces coûts cachés constitue le point de départ d’une démarche de traitement des causes de l’absentéisme qui devra être collective rappelle le cabinet Ekilibre conseil dans un webcast.
Chaque année l’absentéisme au travail coûte environ 17 Mds€ € d’indemnités à la Sécurité sociale. Sans compter les conséquences induites pour les entreprises : non production, report de tâches sur d’autres salariés, impacts sur la clientèle… Des coûts que les systèmes d’information internes ne remontent pas et que les dirigeants minorent, selon Laurent Cappelletti, professeur au Cnam et directeur de programmes à l’Institut de socio-économie des entreprises et des organisations (ISEOR). Cet économiste, spécialiste des coûts cachés du travail, les évalue à 5 000 € par an et par salarié. Lors d’un webcast, organisé le 8 octobre dernier, par le cabinet Ekilibre conseil, il a incité les entreprises à se doter d’une « comptabilité extra-financière » pour mesurer le coût de l’absentéisme et apporter les transformations nécessaires. « Un tiers à 50 % de l’absentéisme est réductible en moins d’un an grâce à la qualité du management », affirme Laurent Cappelletti.
Management de proximité et écoute interne
La MAIF s’est attelée à cette tâche avec Ekilibre conseil pour réduire l’absentéisme dans ses agences et sur ses plateaux téléphoniques. L’assureur a réalisé une enquête auprès de 1 500 collaborateurs, « croisée avec des données réelles d’absentéisme et RH », insiste Béatrice Gueguiniat, responsable organisation du travail et projets stratégie RH. Il en ressort un enchaînement : insatisfaction, perte de motivation, absences répétées. Avec un point de crispation autour du management : 7 % de collaborateurs se déclarent insatisfaits de la relation avec leur manager or ils sont quatre fois plus absents au travail que leurs collègues. La MAIF entend redonner du sens au travail et instaurer une meilleure écoute en interne, notamment en restaurant une confiance des salariés dans leurs interlocuteurs RH. La démarche est entre les mains d’un comité de pilotage associant les RH et des directions métiers, dont les travaux ont été soumis aux instances. Ce collectif devient une clé du succès dans la lutte contre l’absentéisme au travail, confirme Jean-Christophe Villette. Le directeur général d’Ekilibre conseil peut en témoigner : « dans deux tiers de nos missions, on a des Copil paritaires et on obtient toujours de meilleurs résultats. »

