Intoxication au monoxyde de carbone : gare aux outils à moteur thermique
Les appareils de chauffages défectueux ne sont pas les seuls responsables des intoxications au monoxyde de carbone. Les outils à moteurs thermique représentent également une menace sanitaire. Avec une exposition accrue pour les personnes qui les utilisent intensivement dans le cadre professionnel, alerte l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
Chaque hiver, des chauffages qui dysfonctionnent intoxiquent des victimes au monoxyde de carbone, souvent dans leur sommeil. Sur les 3 000 cas recensés annuellement, une trentaine est mortelle. Quant aux survivants à ces émanations invisibles et inodores, ils conservent souvent des séquelles neurologiques ou cardio-vasculaires. Ce risque d’intoxication au monoxyde de carbone concerne également le milieu professionnel, avertit l’Anses. En examinant les données des centres anti-poisons, l’Agence a dénombré 49 cas ayant impacté 90 travailleurs au cours de l’année 2023.
Une ventilation insuffisante
Ce risque existe toute l’année avec une prévalence particulière entre les mois de novembre et de janvier. Dans certains cas, l’intoxication provient, comme dans les logements, de la défectuosité du chauffage. Le danger provient également d’outils à moteur thermique (scie, mini-pelle, disqueuse, nettoyeur haute pression, tronçonneuse) ou de groupes électrogènes lorsqu’ils s’utilisent dans des locaux mal ventilés. Ces intoxications concernent principalement les métiers du bâtiment et des travaux publics. Un carreleur ayant utilisé sa scie à carrelage, un peintre travaillant avec un pistolet à peinture ou encore des ouvriers aux commandes d’une pelle à creuser.
Renforcer la détection
Dans la plupart des cas, les victimes souffrent de nausées, de vomissements ou de vertiges. L’Anses relève cependant quelques cas graves voire mortels. Par exemple à l’occasion du sablage d’un meuble ou de la peinture dans un bâtiment. Dans quatre cas seulement, le lieu de travail était équipé de détecteurs de monoxyde carbone. On comprends certes le risque accru pour des personnels qui interviennent dans des locaux non équipés qui ne sont pas les leurs. C’est pourquoi, l’Anses rappelle qu’il existe une solution : « les détecteurs de CO portatifs déjà utilisés par certains corps de métiers (techniciens Gaz de France, pompiers par exemple) peuvent alerter précocement et limiter les risques d’intoxication. »

