Travail au froid : les mesures qui s’imposent
La vague de froid qui a touché la France au cours de la semaine du 5 janvier 2026 pose la question de la sécurité des travailleurs. Comme pour les fortes chaleurs, l’absence de seuil de température ne permet pas de décider de la conduite à tenir. La situation devra s’apprécier, chaque jour, au cas par cas.
Début 2026, le froid, la neige et le verglas ont fait leur apparition. Ils compliquent le travail, surtout en extérieur, et les déplacements. Mais pas au point de mettre l’activité à l’arrêt, dans la plupart des cas. En revanche, l’employeur doit prendre des mesures d’adaptation. Cette obligation découle du devoir de protection de la santé des travailleurs par des moyens adaptés (article L4121-1 du code du travail).
Réagir à la chute des températures
Dans les locaux, le code du travail impose de « maintenir une température convenable » (article R4223-13), sans plus de précision. On pourra s’appuyer sur la norme ISO 7730:2025 qui détermine des seuils de confort thermique. Pour sa part, l’INRS indique qu’« un environnement est considéré froid pour une température de l’air inférieure à 18 °C, température à laquelle se déclenchent des déperditions de chaleur supérieures à la normale. »
Dans le cas du travail à l’extérieur, il n’existe pas non plus de seuils de température mais le risque d’hypothermie est prégnant. Celle-ci survient lorsque la température corporelle chute en dessous de 35°C. Ce qui se traduit par des gelures, des engelures, et d’autres symptômes (frissons, crampes, fatigue, désorientation…). Il faut s’y montrer attentif car ils peuvent conduire à la perte de connaissance.
Prendre des mesures de protection
Face au froid extérieur, l’employeur doit solliciter l’avis du médecin du travail ainsi que du comité social et économique, avant de prendre les dispositions nécessaires (article R4223-15). Il existe aujourd’hui de nombreux vêtements de travail et des EPI qui protègent efficacement du froid, y compris en chauffant. Cependant, ils ne doivent pas constituer la seule réponse. Il convient en effet d’adapter l’organisation du travail. Par exemple, en instaurant du télétravail lorsque c’est possible ou en aménageant les horaires de travail. Autre possibilité, adapter les tâches confiées aux salariés dans le but de limiter le temps passé en extérieur. On évitera également le travail isolé. Dans les phases d’exposition au froid, on pourra augmenter les rotations, les pauses, et prévoir pour celles-ci un local convenablement chauffé et des boissons chaudes.
Trop froid pour venir travailler ?
Quant aux salariés, ils pourraient, de leur propre chef, décider de ne pas venir travailler. Par exemple au motif que les routes seraient rendues glissantes par la neige. Mais cette absence ne sera recevable qu’en cas de force majeure. Autrement dit, si les conditions de circulation, bien que mauvaises, permettent encore de se déplacer, elles ne justifient pas une absence. En outre, « même en cas de force majeure, l’employeur est libre d’effectuer une retenue sur salaire (strictement proportionnelle à la durée de l’absence du salarié) », avertit la CFTC. Libre à l’employeur, cependant, de proposer des alternatives, tels que « le rattrapage des heures non travaillées ou la pose de congés payés (ou RTT) », nuance le syndicat.
Au travail, le salarié peut également exercer son droit de retrait. A condition, là encore, que les conditions soient réunies. Rappelons qu’il faut un motif raisonnable de penser que la situation de travail présente « un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé » ou une défectuosité dans les systèmes de protection (article L4131-1 du code du travail). Par conséquent, le salarié devra être en mesure d’en apporter la preuve. Au risque, sinon, de se voir infliger une retenue sur salaire, voire une sanction par son employeur.

